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Le pain de singe bio antioxydant naturel puissant

Le baobab bio sauvage a une grande importance alimentaire au Bénin. Tous les organes de l’arbre ont au moins un double usage notamment alimentaire et thérapeutique.
Les feuilles de baobab bio sauvage
Les jeunes feuilles servent à préparer une sauce dénommée « tutonakankounti » en milieu «Otamari » puis « Kô Foy Tayo » en milieux Dendi et Djerma, trois groupes ethniques situés dans le septentrion au Bénin. Ces dénominations linguistiques traduisent littéralement sauce de feuilles fraîches de baobab bio sauvage qui accompagne la pâte de mil, de maïs ou de sorgho. Par ailleurs, ces mêmes feuilles peuvent être cueillies en grande quantité, séchées et réduites en poudre et utilisées pour préparer la sauce ordinaire de baobab. Le même procédé d’utilisation des feuilles de baobab bio sauvage a été observé dans les ménages Haoussa (Tchanga venus du Nigeria et Maouri en provenance du Niger) avec un intérêt beaucoup plus marqué pour la poudre verte des feuilles dont la sauce dénommée « Miya Kouka » est régulièrement mangée pour assainir l’organisme.
En milieu Mokolé, on utilise aussi les feuilles comme sauce qui accompagne la pâte de maïs.
En revanche, chez les Fons, Adja, Mina, Dactcha et Mahi du Sud et Centre du Bénin, les populations rurales utilisent très peu ou presque pas les feuilles de baobab bio sauvage pour assaisonner les sauces. Les connaissances endogènes sur l’espèce sont très peu développées dans ces milieux, l’espèce étant considérée le plus souvent dans ces milieux comme un abris pour les sorciers.

Les graines du fruit du baobab bio sauvage, pain de singe bio

Les graines du fruit du baobab bio sauvage, pain de singe bio

Les graines
Les graines de baobab bio sauvage sont diversement utilisées. Elles servent prioritairement à préparer une sauce dénommée « mantofaman » en Otomari. Cette sauce est très indiquée chez les hypertendus qui voient s’améliorer très rapidement leur état de santé. Une autre utilisation des graines consiste
à les décortiquer afin d’extraire l’amande qui est utilisée pour assaisonner les sauces ou pour remplacer tout simplement la viande. Les graines entrent également dans la préparation de certains produits culinaires comme ingrédients pour la sauce (moutarde ou galette) qui remplacent par
moment certains bouillons ou cubes aromatisés utilisés par les femmes. Le « Mougou-mougou » en Dendi est une autre forme d’utilisation des graines sur le plan alimentaire. Les graines sont grillées, pilées et tamisées. A la poudre obtenue on ajoute des épices (sel, piment et autres condiments)
ou du sucre. Ce mélange est surtout apprécié par les enfants.
La pulpe de pain de singe
C’est la partie du baobab bio sauvage qui présente des usages alimentaires et médicinaux multiples. Le « mutchoyan » en Otomari est une pâte acide faite avec la pulpe de baobab et la farine de céréales.
L’avantage du « mutchoyan » est qu’il peut durer une semaine sans subir la putréfaction. La pulpe est également utilisée comme du lait à l’état frais qu’on dilue dans de la bouillie ou la boule de mil chez les Dendi, Haoussa et Djerma. En milieu Dendi, ce mélange est surtout servi
au cours des cérémonies de funérailles des vieillards d’un certain âge (70 à 80 ans); il sert à désaltérer les gens à leur retour du cimetière. La pulpe est aussi utilisée dans le caillage de lait au niveau des campements Peulh pour en augmenter la quantité et l’écouler par la suite dans
les marchés environnants. Ce lait dénommé « Houra » chez les Haoussa et « Donou » chez les Djerma est très apprécié par ces groupes ethniques. Cette même pulpe de pain de singe mélangée à la farine de mil, ou de sorgho sert à préparer une bouillie dénommée « K koumandi » qui est très consommée en période de crise alimentaire. Ce procédé permet d’augmenter non seulement la qualité de la bouillie grâce à la pulpe qui est riche en éléments nutritifs, mais aussi la quantité pour que cela suffise à tous les membres de la famille. Le fruit de baobab bio sauvage ou pain de singe bio débarrassé de son pédoncule, est nettoyé et percé à sa partie supérieure au point d’attache du pédoncule, on introduit une quantité appréciable d’eau et on agite fortement. On obtient ainsi un jus concentré très agréable à boire appelé « Kô ba you » chez les ethnies Djerma et Dendi, que les jeunes gens consomment pendant la récolte du coton. La pulpe de pain de singe bio est aussi utilisée dans le laitage; les petites entreprises traditionnelles de fabrication de produits laitiers (à Malanville et Gaya au Niger) mettent sur les marchés et en destination des villages périphériques une gamme de produits fabriqués à base de pulpe à savoir: Solani (lait caillé sucré), yaourt, sucettes, etc. Dans la partie Sud du Bénin, la pulpe de pain de singe bio est essentiellement utilisée par les enfants et jeunes comme collation. Il n’existe quasiment pas de technologies endogènes développées pour valoriser cette partie noble de l’espèce.

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Autres utilisations des graines et de feuilles
En plus de leur apport dans l’alimentation des populations, les feuilles et les graines jouent un rôle important dans les usages technologiques notamment dans le domaine de l’architecture.
Ainsi les feuilles séchées et réduites en poudre sont mélangées à la gomme arabique et au calcaire et le tout est utilisé pour crépir les chambres en remplacement du ciment. A titre d’exemple 50 kg de poudre de feuilles sont utilisés pour le crépissage d’une chambre de 4 m2.
Les femmes en particulier celles de l’ethnie « Mokolé » utilisent les graines de baobab bio sauvage qu’elles mélangent à de petites pierres et du banco pour damer les salons des chambres. Pour un salon de 4 m2, 30 kg de graines sont utilisés. Ces différents types d’usages technologiques s’observent
surtout dans la partie Ouest de la Commune de Malanville au niveau des villages de Kantro et Toumboutou dans le Nord-Bénin.
La capsule du pain de singe
Il faut noter que la capsule du baobab bio sauvage est utilisée pour fabriquer de la potasse de qualité qui est utilisée pour traiter l’indigestion et la nausée. Mieux, en milieu Datcha (Centre-Bénin), les capsules sont utilisées pour fabriquer du savon. La technologie consiste à écraser les capsules
et à les bouillir dans de l’eau. Au fur et à mesure de la cuisson, on ajoute de l’huile de palmiste ou de l’huile rouge ce qui conduit à une saponification et par la suite à l’obtention du savon noir mis en boule et commercialisé localement sur les marchés.


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